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les grands effectifs
- le manque croissant d’intérêt pour l’éducation
de manière générale,
- le manque de motivation, etc.
Ceci a contribué à accentuer la crise qui secoue l’enseignement
et l’évaluation des apprentissages dans les disciplines
en vigueur dans l’enseignement secondaire :
De surcroît, les enseignements et les apprentissages dans les
différentes disciplines se font dans un cadre cloisonné.
On constate que dans une même discipline les concertations entre
enseignants sont rares. Il en est de même entre les enseignants
de plusieurs disciplines. Dans les programmes, nous retrouvons des
thèmes transversaux qui impliquent les apports de plusieurs
disciplines et pourtant, dans chaque discipline, les concepts sont
enseignés avec des méthodes et des techniques différentes,
sans référence aucune aux autres disciplines. Ceci est
loin de favoriser le brassage harmonieux des connaissances et les
apprenants sont très souvent amenés à attacher
le même signifiant à des concepts différents.
Au niveau de l’évaluation, les méthodes, les outils
employés, sont disparates d’une discipline à l’autre
et les seules rencontres interdisciplinaires sont les seules fois
où les enseignants se retrouvent pour effectuer des sommations
de notes au cours des examens scolaires.
Il serait irréaliste d’attendre la résolution
préalable de toutes les difficultés du système
éducatif avant de réagir. Il serait alors trop tard.
La plupart des solutions étant liées à un financement
assez lourd, les débuts de solutions peuvent être lointains.
Voilà pourquoi il est temps d’envisager la situation
autrement. Tout ce qui peut contribuer à rendre l’enseignant
plus efficace dans sa classe doit être tenté ; en l’occurrence,
trouver un moyen pour inciter les enseignants à travailler
en équipe. Ils mutualiseront leurs expériences et amélioreront
leur propre formation et la qualité de leurs prestations.
Les
inspections de l’enseignement secondaire qui ont entre autres
pour mission d’assurer la formation initiale et continue des
enseignants et de concevoir les innovations pédagogiques
peuvent constituer un des maillons privilégiés pour
un début de résolution de certains problèmes.
C’est dans cette perspective que les inspections de sciences
physiques, de sciences de la vie et de la terre et de mathématiques
tentent, par l’implantation de chantiers pédagogiques
interdisciplinaires, d’apporter leur modeste contribution
à l’amélioration de l’enseignement et
des apprentissages dans leurs disciplines respectives. Pour ces
trois disciplines, un regard rétrospectif permet d’apprécier
à quel point il est plus que jamais indispensable de regarder
dans la même direction au niveau de l’encadrement des
enseignants et des élèves en vue de faciliter les
processus d’apprentissage à l’heure où
la mondialisation et des profondes mutations technologiques imposent
l’approfondissement et le renouvellement des connaissances.
Leur contribution se traduira par une tentative d’harmonisation
des méthodes d’enseignement, de concertation permanente
autour des questions d’évaluation et de clarification
des signifiants dans un contexte interdisciplinaire, en utilisant
une approche collaborative qui nécessitera la participation
active de tous les acteurs. On contribuera à instaurer une
dynamique de recherche-action dans les établissements d’enseignement
secondaire.
Il
s’agit de faire en sorte que la formation continue soit de
moins en moins dépendante de moyens financiers lourds. La
recherche-action semble convenir en effet à cette situation.
Elle pourrait, mieux que d’autres stratégies, inciter
l’enseignant, non seulement à s’impliquer dans
sa propre formation, mais aussi l’amener à avoir en
permanence un regard introspectif sur sa pratique quotidienne et
partager les fruits de sa réflexion avec d’autres collègues.
C’est, entre autres, ce qui motive le choix de ce genre de
formation.
La
mise en œuvre de ce projet permettra à des enseignants
d’être suffisamment autonomes en matière de réflexion
sur les pratiques pédagogiques, et de s’améliorer.
Ils prendront goût aux échanges d’expériences
et d’idées, ce qui est un début de décloisonnement.
Ils amélioreront leurs capacités à pratiquer
la recherche documentaire. Par la pratique de l’interdisciplinarité
ils pourront mieux cerner les spécificités et quelques
subtilités des disciplines connexes, de manière à
être capables de mieux les exploiter pour enseigner la leur.
Ils permettront à leurs élèves de mieux sélectionner
les compétences de base qu’ils doivent mobiliser dans
la résolution d’un problème quelconque. Les
élèves apprendront ainsi à tisser des liens
entre les différentes capacités exigibles d’eux
par l’enseignement des disciplines, afin de développer
des compétences transversales.
La
recherche-action est une pratique qui n’est pas encore courante
dans l’enseignement secondaire alors que les potentialités
qu’elle offre sont intéressantes pour l’amélioration
de la qualité des enseignements et des apprentissages. Quant
au thème de l’interdisciplinarité, à
l’enseignement intégré des sciences, ils ont
toujours préoccupé les bailleurs de fonds du système
éducatif, mais ils n’ont pas encore connu un début
d’investigation et de réalisation. Cette lacune mérite
d’être comblée. La concrétisation de ce
projet sera une première en Afrique francophone. Les curriculums
dans l’enseignement secondaire du Burkina Faso se veulent
à la fois centrés sur le sujet qui apprend et sur
le savoir scientifique. Ce sont des curriculums interdisciplinaires
selon la typologie de Lenoir, Y. (1991). Cependant ils n’ont
d’interdisciplinaire que dans la structure, l’interdisciplinarité
et l’enseignement intégré des sciences n’ayant
pas encore véritablement été prise en compte.
C’est l’occasion de les mettre en œuvre à
partir des disciplines scientifiques que sont les mathématiques,
les sciences physiques et les sciences de la vie et de la terre.
HAUT
PARTIE
I : PRESENTATION
I-
IDENTIFICATION
Six (06) établissements de l’enseignement secondaire
sont ciblés pour être des chantiers pédagogiques
interdisciplinaires de sciences physiques, mathématiques
et sciences de la vie et de la terre :
le Lycée Bogodogo de Ouagadougou ;
le Lycée Mixte de Gounghin à Ouagadougou ;
le Lycée Provincial de Koudougou ;
le Lycée Ouézzin Coulibaly de Bobo-Dioulasso ;
le Lycée Yamwaya de Ouahigouya ;
le Lycée Rialé de Tenkodogo.
II-
OBJECTIFS
Ces chantiers vont constituer des sites de prédilection pour
la recherche-action poursuivant les objectifs suivants :
1. Au niveau des programmes d’étude
Il s’agira à partir du programme officiel, de mettre
en œuvre des cours modèles correspondant à des
thèmes et des niveaux de difficultés bien définis.
Entre autres, il faudrait :
Relire les programmes d’enseignement pour les adapter au contexte
;
Évaluer des programmes d’enseignement ;
Expérimenter des nouveaux programmes ;
Expérimenter de nouveaux matériels ;
Expérimenter des innovations pédagogiques ;
Envisager l’écriture des programmes sous forme curriculaire.
2.
Au niveau des enseignants
Le concept scientifique ne doit pas être dispensé au
travers d’un simple cours magistral ; le cours de sciences
doit surtout s’appuyer sur des expériences réalisées
en classe ou au laboratoire avec des fiches de TP définissant
clairement les objectifs, donnant le protocole en privilégiant
l’observation et le questionnement de manière permanente.
Les mathématiques serviront fréquemment de support
pour comprendre la réalité. C’est pourquoi au
niveau des enseignants, les chantiers pédagogiques devraient
permettre :
De
contribuer à la formation initiale et continue des enseignants
de sciences physiques, mathématiques et sciences de la vie
et de la terre ;
renforcer la pratique de l’enseignement expérimental
;
D’améliorer l’évaluation formative ;
D’initier l’utilisation des TIC dans l’enseignement
;
De promouvoir l’interdisciplinarité ;
D’explorer l’enseignement et l’apprentissage de
sciences physiques, mathématiques et sciences de la vie et
de la terre par l’approche par compétences ;
3.
Au niveau des élèves
Il convient de veiller à la promotion d’une véritable
culture scientifique. Pour cela, il faudrait :
Créer un état d’esprit : celui de la démarche
scientifique ;
Permettre l’apprentissage des techniques expérimentales
;
Évaluer les compétences théoriques ;
Évaluer les compétences pratiques ;
Favoriser les activités scientifiques parascolaires ;
Rendre les mathématiques et les sciences expérimentales
accessibles aux élèves ;
Introduire l’utilisation des TIC dans la formation des élèves.
HAUTHAUTHAAHHHHHAUT
PARTIE
II : BESOINS POUR LA BONNE MARCHE DES CHANTIERS
1-
Ressources humaines
- L’atteinte des objectifs dans chaque chantier nécessite
que les chantiers disposent des personnels suivants :
- au moins un professeur titulaire des disciplines mathématiques,
sciences physiques et sciences de la vie et de la terre ;
- un responsable par discipline ;
-au moins un stagiaire de l’ENSK par chantier chaque année
dans chacune des trois disciplines pour parfaire en temps réel
-leur formation initiale ;
-un laborantin ;
-au moins un responsable (encadreur de mathématiques, de
sciences physiques ou de sciences de la vie et de la terre) par
chantier pour coordonner les activités de ce chantier.
-La coordination nationale sera assurée par les responsables
des inspections de sciences physiques, mathématiques et sciences
de la vie et de la terre de la DGIFPE.
-Le démarrage du processus est facilité par la présence
dans les Directions régionales concernées, d’encadreurs
pédagogiques qui seront d’un appui certain pour la
conception et la mise en œuvre des programmes d’activités
dans les différents chantiers.
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