Manipulations en PC

 

CHANTIERS PEDAGOGIQUES INTERDISCIPLINAIRES

 

INTRODUCTION


Le système éducatif du Burkina Faso est miné par un certain nombre de problèmes liés aux facteurs suivants qui contribuent à entraver son plein épanouissement :
- la faiblesse des infrastructures et des équipements
- le manque de personnel enseignant entraînant des surcharges horaires.
l’insuffisance de la formation initiale du personnel enseignant et des encadreurs;

- les grands effectifs
- le manque croissant d’intérêt pour l’éducation de manière générale,
- le manque de motivation, etc.
Ceci a contribué à accentuer la crise qui secoue l’enseignement et l’évaluation des apprentissages dans les disciplines en vigueur dans l’enseignement secondaire :
De surcroît, les enseignements et les apprentissages dans les différentes disciplines se font dans un cadre cloisonné. On constate que dans une même discipline les concertations entre enseignants sont rares. Il en est de même entre les enseignants de plusieurs disciplines. Dans les programmes, nous retrouvons des thèmes transversaux qui impliquent les apports de plusieurs disciplines et pourtant, dans chaque discipline, les concepts sont enseignés avec des méthodes et des techniques différentes, sans référence aucune aux autres disciplines. Ceci est loin de favoriser le brassage harmonieux des connaissances et les apprenants sont très souvent amenés à attacher le même signifiant à des concepts différents.
Au niveau de l’évaluation, les méthodes, les outils employés, sont disparates d’une discipline à l’autre et les seules rencontres interdisciplinaires sont les seules fois où les enseignants se retrouvent pour effectuer des sommations de notes au cours des examens scolaires.
Il serait irréaliste d’attendre la résolution préalable de toutes les difficultés du système éducatif avant de réagir. Il serait alors trop tard. La plupart des solutions étant liées à un financement assez lourd, les débuts de solutions peuvent être lointains. Voilà pourquoi il est temps d’envisager la situation autrement. Tout ce qui peut contribuer à rendre l’enseignant plus efficace dans sa classe doit être tenté ; en l’occurrence, trouver un moyen pour inciter les enseignants à travailler en équipe. Ils mutualiseront leurs expériences et amélioreront leur propre formation et la qualité de leurs prestations.

Les inspections de l’enseignement secondaire qui ont entre autres pour mission d’assurer la formation initiale et continue des enseignants et de concevoir les innovations pédagogiques peuvent constituer un des maillons privilégiés pour un début de résolution de certains problèmes.
C’est dans cette perspective que les inspections de sciences physiques, de sciences de la vie et de la terre et de mathématiques tentent, par l’implantation de chantiers pédagogiques interdisciplinaires, d’apporter leur modeste contribution à l’amélioration de l’enseignement et des apprentissages dans leurs disciplines respectives. Pour ces trois disciplines, un regard rétrospectif permet d’apprécier à quel point il est plus que jamais indispensable de regarder dans la même direction au niveau de l’encadrement des enseignants et des élèves en vue de faciliter les processus d’apprentissage à l’heure où la mondialisation et des profondes mutations technologiques imposent l’approfondissement et le renouvellement des connaissances. Leur contribution se traduira par une tentative d’harmonisation des méthodes d’enseignement, de concertation permanente autour des questions d’évaluation et de clarification des signifiants dans un contexte interdisciplinaire, en utilisant une approche collaborative qui nécessitera la participation active de tous les acteurs. On contribuera à instaurer une dynamique de recherche-action dans les établissements d’enseignement secondaire.

Il s’agit de faire en sorte que la formation continue soit de moins en moins dépendante de moyens financiers lourds. La recherche-action semble convenir en effet à cette situation. Elle pourrait, mieux que d’autres stratégies, inciter l’enseignant, non seulement à s’impliquer dans sa propre formation, mais aussi l’amener à avoir en permanence un regard introspectif sur sa pratique quotidienne et partager les fruits de sa réflexion avec d’autres collègues. C’est, entre autres, ce qui motive le choix de ce genre de formation.

La mise en œuvre de ce projet permettra à des enseignants d’être suffisamment autonomes en matière de réflexion sur les pratiques pédagogiques, et de s’améliorer. Ils prendront goût aux échanges d’expériences et d’idées, ce qui est un début de décloisonnement. Ils amélioreront leurs capacités à pratiquer la recherche documentaire. Par la pratique de l’interdisciplinarité ils pourront mieux cerner les spécificités et quelques subtilités des disciplines connexes, de manière à être capables de mieux les exploiter pour enseigner la leur. Ils permettront à leurs élèves de mieux sélectionner les compétences de base qu’ils doivent mobiliser dans la résolution d’un problème quelconque. Les élèves apprendront ainsi à tisser des liens entre les différentes capacités exigibles d’eux par l’enseignement des disciplines, afin de développer des compétences transversales.

La recherche-action est une pratique qui n’est pas encore courante dans l’enseignement secondaire alors que les potentialités qu’elle offre sont intéressantes pour l’amélioration de la qualité des enseignements et des apprentissages. Quant au thème de l’interdisciplinarité, à l’enseignement intégré des sciences, ils ont toujours préoccupé les bailleurs de fonds du système éducatif, mais ils n’ont pas encore connu un début d’investigation et de réalisation. Cette lacune mérite d’être comblée. La concrétisation de ce projet sera une première en Afrique francophone. Les curriculums dans l’enseignement secondaire du Burkina Faso se veulent à la fois centrés sur le sujet qui apprend et sur le savoir scientifique. Ce sont des curriculums interdisciplinaires selon la typologie de Lenoir, Y. (1991). Cependant ils n’ont d’interdisciplinaire que dans la structure, l’interdisciplinarité et l’enseignement intégré des sciences n’ayant pas encore véritablement été prise en compte. C’est l’occasion de les mettre en œuvre à partir des disciplines scientifiques que sont les mathématiques, les sciences physiques et les sciences de la vie et de la terre.

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PARTIE I : PRESENTATION


I- IDENTIFICATION


Six (06) établissements de l’enseignement secondaire sont ciblés pour être des chantiers pédagogiques interdisciplinaires de sciences physiques, mathématiques et sciences de la vie et de la terre :
le Lycée Bogodogo de Ouagadougou ;
le Lycée Mixte de Gounghin à Ouagadougou ;
le Lycée Provincial de Koudougou ;
le Lycée Ouézzin Coulibaly de Bobo-Dioulasso ;
le Lycée Yamwaya de Ouahigouya ;
le Lycée Rialé de Tenkodogo.

II- OBJECTIFS


Ces chantiers vont constituer des sites de prédilection pour la recherche-action poursuivant les objectifs suivants :
1. Au niveau des programmes d’étude
Il s’agira à partir du programme officiel, de mettre en œuvre des cours modèles correspondant à des thèmes et des niveaux de difficultés bien définis. Entre autres, il faudrait :
Relire les programmes d’enseignement pour les adapter au contexte ;
Évaluer des programmes d’enseignement ;
Expérimenter des nouveaux programmes ;
Expérimenter de nouveaux matériels ;
Expérimenter des innovations pédagogiques ;
Envisager l’écriture des programmes sous forme curriculaire.

2. Au niveau des enseignants
Le concept scientifique ne doit pas être dispensé au travers d’un simple cours magistral ; le cours de sciences doit surtout s’appuyer sur des expériences réalisées en classe ou au laboratoire avec des fiches de TP définissant clairement les objectifs, donnant le protocole en privilégiant l’observation et le questionnement de manière permanente. Les mathématiques serviront fréquemment de support pour comprendre la réalité. C’est pourquoi au niveau des enseignants, les chantiers pédagogiques devraient permettre :

De contribuer à la formation initiale et continue des enseignants de sciences physiques, mathématiques et sciences de la vie et de la terre ;
renforcer la pratique de l’enseignement expérimental ;
D’améliorer l’évaluation formative ;
D’initier l’utilisation des TIC dans l’enseignement ;
De promouvoir l’interdisciplinarité ;
D’explorer l’enseignement et l’apprentissage de sciences physiques, mathématiques et sciences de la vie et de la terre par l’approche par compétences ;

3. Au niveau des élèves
Il convient de veiller à la promotion d’une véritable culture scientifique. Pour cela, il faudrait :
Créer un état d’esprit : celui de la démarche scientifique ;
Permettre l’apprentissage des techniques expérimentales ;
Évaluer les compétences théoriques ;
Évaluer les compétences pratiques ;
Favoriser les activités scientifiques parascolaires ;
Rendre les mathématiques et les sciences expérimentales accessibles aux élèves ;
Introduire l’utilisation des TIC dans la formation des élèves.

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PARTIE II : BESOINS POUR LA BONNE MARCHE DES CHANTIERS


1- Ressources humaines
- L’atteinte des objectifs dans chaque chantier nécessite que les chantiers disposent des personnels suivants :
- au moins un professeur titulaire des disciplines mathématiques, sciences physiques et sciences de la vie et de la terre ;
- un responsable par discipline ;
-au moins un stagiaire de l’ENSK par chantier chaque année dans chacune des trois disciplines pour parfaire en temps réel -leur formation initiale ;
-un laborantin ;
-au moins un responsable (encadreur de mathématiques, de sciences physiques ou de sciences de la vie et de la terre) par chantier pour coordonner les activités de ce chantier.
-La coordination nationale sera assurée par les responsables des inspections de sciences physiques, mathématiques et sciences de la vie et de la terre de la DGIFPE.
-Le démarrage du processus est facilité par la présence dans les Directions régionales concernées, d’encadreurs pédagogiques qui seront d’un appui certain pour la conception et la mise en œuvre des programmes d’activités dans les différents chantiers.

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